le cliché a été pris dans la bibliothèque de l'Elysée, "comme de Gaulle, Pompidou et Mitterrand. Jacques Chirac avait, lui, préféré le parc de l'Elysée". C'est Philippe Warrin, de l'agence Sipa, un photographe notamment spécialiste de clichés de "people", qui a immortalisé le nouveau président.
Les éditorialistes de la presse nationale et régionale créditent Nicolas Sarkozy d'une certaine habileté dans l'élaboration d'un "séduisant" gouvernement Fillon, principalement marqué par son "ouverture" et sa "parité".
"Sarkozy choisit l'ouverture et la parité" écrit le Monde en soulignant que Bernard Kouchner, Hervé Morin, Jean-Pierre Jouyet et Martin Hirch incarnent "la volonté d'élargissement". Avec de "telles prises qui privent le PS et l'UDF, de l'argument du +rééquilibrage+ législatif, la droite devrait ramener des députés à plein filet", pronostique Alexis Brézet dans Le Figaro. Leur arrivée au coeur du dispositif gouvernemental, "a sacrément de la gueule", se félicite Pierre Taribo dans l'Est Républicain. "Le débauchage de quelques ego en déshérence n’en relève pas moins de la belle ouvrage", reconnaît Renaud Dély dans Libération.
Mais attention, prévient Olivier Picard (Les Dernières Nouvelles d'Alsace) car "si l'anticonformisme qui a présidé à sa formation est sympathique, il n'est pas gratuit : il permet de dépouiller un peu plus Bayrou et de gêner la gauche sans pour autant redistribuer clairement les cartes".
D'ailleurs, à droite, certains s'interrogent sur l'opportunité d'attribuer des postes majeurs aux adversaires de la veille. "Finalement, il y a peu de sarkozistes pur jus dans ce gouvernement", constate Le Journal de la Haute-Marne sous la plume de Patrice Chabanet.
L'Union (Hervé Chabaud) revient sur l'autre caractéristique de ce gouvernement Fillon: "C'est la parité par les actes et plus seulement par les mots". Cette équipe est la première à compter autant de femmes ministres, souligne-t-il. Mais le meilleur "coup" de Sarkozy, pour Jacques Guyon, aura précisément été de choisir de faire de Rachida Dati, non pas un alibi commode dans son gouvernement, mais le nouveau garde des sceaux. "Et ça, c'est un vrai acte politique", déclare-t-il dans La Charente libre. Pour Christine Clerc (Le Télégramme), "le cas Dati illustre l'habileté manoeuvrière du nouveau président qui coupe l'herbe sous le pied de l'opposition". "La gauche, en effet, ne peut guère se vanter d'avoir promu les représentants des minorités", écrit-elle.
"La politique spectacle, même hyperprofessionnalisée, trouvera ses limites", prédit pour sa part l'Humanité. "Matignon fait désormais clairement figure d'adjoint du chef de l'Etat, qui devient le seul et unique chef de la majorité", affirme Pierre Laurent.
En conclusion Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace s'interroge: "Ce quinze séduisant sera-t-il l'instrument d'un train de réformes préformatées conduit à marche forcée ou le laboratoire d'une nouvelle France ? Comme dirait notre Premier ministre anglophone: wait and see."
La composition du gouvernement de François Fillon a été annoncée, vendredi 18 mai, par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. L'équipe gouvernementale comporte quinze ministres et quatre secrétaires d'Etat. Elle rassemble sept femmes et douze hommes (dont quatre sont secrétaires d'Etat).
Sous l'autorité de Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République Française, Grand Maître de la Légion d'Honneur, 23ème Président de la République Française
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Le président de la République à nommé sur proposition du chef de Gouvernement.
Premier ministre
François Fillon, UMP, 53 ans.
Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durableAlain Juppé, UMP, 61 ans.
Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi
Jean-Louis Borloo, Parti radical, 56 ans.
Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités locales
Michèle Alliot-Marie, UMP, 60 ans.
Ministre des affaires étrangères et européennes
Bernard Kouchner, Parti socialiste, 67 ans.
Ministre de l'immigration , de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement
Brice Hortefeux, UMP, 49 ans.
Ministre de la justice
Rachida Dati, UMP, 41 ans.
Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité
Xavier Bertrand, UMP, 42 ans.
Ministre de l'éducation nationale
Xavier Darcos, UMP, 59 ans.
Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche
Valérie Pecresse, UMP, 39 ans
Ministre de la défense
Hervé Morin, UDF-majorité présidentielle, 45 ans.
Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports
Roselyne Bachelot, UMP, 60 ans.
Ministre du logement et de la ville
Christine Boutin, UMP, 63 ans.
Ministre de l'agriculture et de la pêche
Christine Lagarde, 51 ans.
Ministre de la culture et de la communication, porte-parole du gouvernement
Christine Albanel, 51 ans.
Ministre du budget, des comptes publics et de la fonction publique
Eric Woerth, UMP, 51 ans.
Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, auprès du premier ministre
Roger Karoutchi, UMP, 55 ans.
Secrétaire d'Etat à la prospective et évaluation des politiques publiques, auprès du premier ministre
Eric Besson, ex-PS, 49 ans.
Secrétaire d'Etat aux transports, auprès du ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable
Dominique Bussereau, UMP, 54 ans.
Secrétaire d'Etat aux affaires européennes, auprès du ministre des affaires étrangères et européennes
Jean-Pierre Jouyet, 53 ans.
Hors gouvernement
Martin Hirsch, 43 ans, président d'Emmaüs-France, est nommé haut commissaire aux solidarités actives contre les pauvretés[/SIZE][/SIZE]
Cécilia Sarkozy, 49 ans, bientôt "première dame de France", est une femme élégante et réservée qui s'est longtemps placée sous les feux de la rampe avant de fuir une célébrité apparemment devenue trop pesante pour elle.L'événement
Grande et longiligne, cette brune aux yeux clairs en amande, mère de trois enfants, arrière-petite-fille du compositeur espagnol Isaac Albeniz, est très rarement apparue en public au cours des derniers mois. "Si je suis élu, ma femme jouera un rôle", affirmait néanmoins début avril Nicolas Sarkozy.
En 2005, une séparation temporaire du couple avait fait les gros titres de la presse avant une réconciliation soigneusement orchestrée lors d'une visite du ministre de l'Intérieur en Guyane, en juin 2006.
Tout au long de la campagne électorale, Cécilia Sarkozy s'est volontairement mise en retrait, du moins officiellement. Aucun journaliste ne l'a aperçue au QG du candidat, rue d'Enghien à Paris (où elle partageait toutefois un bureau avec un ami, le sénateur Roger Karoutchi), ou aux meetings de son mari.
Seule exception: le congrès du 14 janvier porte de Versailles, au cours duquel des dizaines de milliers d'adhérents avaient plébiscité M. Sarkozy pour la course à l'Elysée. Ce jour-là, on a pu la voir, assise au 4è ou 5è rang, applaudir chaleureusement son candidat de mari. Jean et Pierre, les deux fils aînés de M. Sarkozy, nés d'un premier mariage, et ses deux filles nées de sa première union avec l'ex-animateur de télévision Jacques Martin, Judith et Jeanne-Marie, étaient à ses côtés.
Cécilia Sarkozy le 7 mai 2007 à ParisElle n'est réapparue en public - hormis quelques photos prises, visiblement avec son consentement, lors d'un dîner "jet set" - que le jour du premier tour, venant voter à Neuilly-sur-Seine avec son mari et ses deux filles. Invisible entre les deux tours, on la revoit au soir du 6 mai. Manifestement très émue, presque fragile, Cécilia est aux côtés du président élu lorsqu'il s'adresse, place de la Concorde à Paris, aux nombreux fans venus fêter sa victoire.
Plus tard, elle l'accompagne au Fouquet's, un célèbre restaurant des Champs-Elysées. Le lendemain, elle part avec lui à Malte. Aucune photo d'elle n'a été faite sur le yacht où elle a passé deux jours et demi avec son mari, leur fils Louis, 10 ans et les aînés.
Cette discrétion contraste avec l'effervescence médiatique qui l'entourait de 2002 à la mi-2005, et à laquelle elle se prêtait volontiers aux côtés de M. Sarkozy aux ministères de l'Intérieur et de l'Economie, puis comme sa chef de cabinet à la présidence de l'UMP.
Cécilia et Nicolas Sarkozy le 22 avril 2007 à NeuillyMais Cécilia Sarkozy s'en est lassée. D'autant que l'image de conquérante qu'elle projetait dans les médias ne correspondait pas à celle de la collaboratrice du ministre, affable, réservée, jamais interventionniste. "Je ne me vois pas en first lady. Cela me rase", affirmait Cécilia Sarkozy il y a deux ans, avant de s'envoler plusieurs mois pour New York.
Sur ses problèmes conjugaux d'alors, Nicolas Sarkozy ne se confiera qu'un seule fois publiquement, un soir de mai 2005, à la télévision: "la vérité, elle est très simple: comme des millions de familles, la mienne a connu des difficultés. Ces difficultés, nous sommes en train de les surmonter. Est-ce que je dois en dire plus? Je ne le crois pas".
Cela fait vingt ans qu'il m'invite et vingt ans que je refuse"." Contrairement à ce que pourrait laisser entendre le propos après son escapade maltaise, Nicolas Sarkozy n'est pas un proche de longue date de l'homme d'affaires Vincent Bolloré, qui l'a reçu sur son yacht. Ils se connaissent depuis plusieurs années, mais sans plus. Gérard Longuet, sénateur (UMP) de la Meuse, conseiller politique de Nicolas Sarkozy et par ailleurs ancien beau-frère de Vincent Bolloré, a du reste œuvré au cours des derniers mois à leur rapprochement. Car Vincent Bolloré n'a jamais fait partie du cercle de patrons amis du président élu. Avant le scrutin présidentiel, on le disait plutôt sensible au programme de François Bayrou.
Autre obstacle pour Vincent Bolloré, qui a de grandes ambitions, deux des patrons considérés comme les plus proches de Nicolas Sarkozy, Martin Bouygues et Arnaud Lagardère, sont pour le premier un véritable adversaire et pour le second un sérieux concurrent dans le domaine des médias.
Lors d'un épisode resté célèbre, en 1997, Vincent Bolloré lance un raid boursier inamical sur le groupe Bouygues voulant contraindre son jeune patron jugé inexpérimenté à céder ses activités dans la téléphonie mobile. Vincent Bolloré échoue mais sort tout de même du capital de Bouygues, l'année suivante, avec une plus-value de 210 millions d'euros. Les relations entre les deux patrons sont devenues sur-le-champ exécrables.
L'un des conseils et avocats de Martin Bouygues dans cette affaire était Nicolas Sarkozy. Un an auparavant, Martin Bouygues était témoin du mariage de Nicolas Sarkozy avec Cécilia et est devenu ensuite le parrain de son plus jeune fils Louis. Le groupe Bolloré est atypique et hétéroclite. Il réalise près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie plus de 32 000 personnes dans le monde et célébrera en 2022 son bicentenaire. Il a longtemps été associé au célèbre papier bible et a connu au fil des années de nombreux avatars au gré des opérations financières menées et du mouvement permanent caractéristiques de la gestion de Vincent Bolloré. Il est présent aujourd'hui à la fois dans les transports et la logistique, la distribution d'énergie, l'industrie, les médias et la publicité.
Ségolène Royal a indiqué, vendredi 11 mai, qu'elle n'avait "pas l'intention de se représenter à la députation", conformément au principe de non-cumul des mandats qu'elle défend. "Je n'ai pas l'intention de me représenter", a déclaré la députée des Deux-Sèvres. "Bien que la loi l'autorise, l'avenir est au non-cumul des mandats, et je m'applique à moi-même le non-cumul dont j'avais défendu le principe lors de la campagne présidentielle", a déclaré Mme Royal.
Vendredi matin, plusieurs médias, (dont Le Parisien, Le Figaro et la Check-List du Monde.fr) annonçaient pourtant qu'elle serait candidate dans sa circonscription. "Je reste fidèle à mon principe de choix personnel", a-t-elle ajouté, bien que la situation dans sa circonscription soit selon elle "assez compliquée", et qu'une "pétition de tous les élus circule" pour qu'elle se représente.
La présidente de la région Poitou-Charentes est élue dans la 2e circonscription des Deux-Sèvres depuis 1988. En juin 2006, avant sa candidature aux primaires socialiste, Mme Royal avait annoncé, dans un chat sur Le Monde.fr, sa volonté de "respecter avant l'heure le principe de non-cumul". Et de ne pas se présenter aux législatives, quelle que soit l'issue de la présidentielle. Dans sa circonscription, Mme Royal soutient la candidature de Delphine Batho, secrétaire nationale du PS, chargée de la sécurité, proche de Julien Dray.
Mais au soir de sa défaite présidentielle, l'ex-candidate avait annoncé son intention d'être en "première ligne" pour les combats à venir, sans préciser sous quelle forme. Traditionnellement, l'Assemblée sert de tribune au chef de l'opposition. Si elle n'est pas députée, Mme Royal tentera peut-être de se placer à la tête du Parti socialiste, actuellement dirigé par François Hollande.